Le dernier roi d’Ecosse

 

Une chronique écrite pour Murmures

Le jeune docteur Nicholas Garrigan décide de se rendre dans le premier lieu que le hasard lui désignera… Ce sera l’Ouganda. Où il débarque pour fuir une ambiance familiale étouffante et soigner les autochtones, plein de bonne volonté mais aussi d’illusion et de naïveté et surtout sans aucune connaissance du pays, de son histoire, de sa culture. Le hasard, encore une fois, l’amène à entrer dans les bonnes grâces du nouveau président Idi Amin Dada, un homme à la fois charismatique et effrayant. Le Dr Garrigan décide de ne pas voir les mauvais présages, de ne pas écouter les avertissements d’Européens plus cyniques et réalistes que lui (dont certains ont contribué à l’arrivée d’Idi Amin Dada au pouvoir) et s’engage de plus en plus au côté du nouveau dirigeant de l’Ouganda, qui devient très vite incontrôlable et bien plus qu’effrayant.

Il faut savoir dès le départ que Nicholas Garrigan est un personnage de fiction, créé par le romancier Giles Folden, auteur du roman dont le film est inspiré pour nous faire mieux entrer dans l’entourage d’Amin Dada. L’histoire est entièrement montrée de son point de vue et nous avons donc le parti pris de regarder l’Afrique par les yeux d’un Européen, parti pris que pour ma part, j’ai trouvé plutôt honnête mais qui donne également le sentiment que l’on reste à la surface avec nos clichés (et nos doutes sur ce qui relève de la réalité historique ou non). Il faut tout le talent de James Mac Avoy (et cela ne suffit d’ailleurs pas complètement) pour que l’on garde un peu d’intérêt pour le Dr Garrigan, dont l’extrême naïveté est bien moins crédible que le très grand égoïsme… Forrest Whitaker (qui a d’ailleurs déjà remporté le golden globe du meilleur acteur dramatique pour ce rôle) est à la mesure de tout ce que vous entendrez dire sur sa grande prestation : dans chaque scène, il arrive à la fois à nous faire ressentir le charisme et l’attrait que peuvent dégager un grand leader et une folie meurtrière que l’on sent toujours présente, sur le point d’éclater. Les acteurs africains et noirs américains sont tous vraiment remarquables (mention spéciale à Stephen Rwangyezi, directeur d’un théâtre en Ouganda, qui incarne Jonah Wasswa et à Abby Mukibi qui joue le sanguinaire Masanga), Gillian Anderson fait elle une brève apparition mais son amertume et son désenchantement marquent tout le film.

L’ensemble pose des interrogations très intéressantes et le parcours du Dr Garrigan pourrait être décrit par des sentences comme « l’enfer est pavé de bonnes intentions » ou « il vaut mieux éviter la fréquentation des puissants »… Enfin, il y a un message d’actualité politique fort évident sur le mal que l’on peut faire en prétextant des bons sentiments pour se mêler égoïstement de la vie d’un pays au sujet duquel on ne connaît rien ou pas grand-chose… A bon entendeur salut ?

Le dernier roi d’Ecosse
Forest Whitaker, James Mac Avoy, Stephen Rwangyezi, Abby Mukibi, Gillian Anderson

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