De l’inconfort des voyages, 2e épisode, 1 an après

Après avoir partagé mon article sur l’inconfort des voyages sur ma page Facebook, en indiquant que cela faisait un an que je l’avais écrit, une lectrice m’a fait remarqué très justement que l’inconfort existait aussi lorsque l’on reste dans son propre pays et m’a demandé quel était mon bilan 1 an plus tard.

Au départ, je me suis dit que ce n’était sûrement pas le temps du bilan, car je ne me sens pas en fin de cycle, même si celle-ci arrivera par force bientôt. Mais cet espace de transition a finalement lui aussi ses intérêts, je l’espère du moins pour vous qui me lisez.

ça roule, ma poule !

Après le chaos de l’installation, les choses se sont apaisées, mises à rouler, on a pris des repères, des habitudes, on a mis nos pantoufles tout en continuant à découvrir, à avoir des surprises, des étonnements. Je me suis un peu mieux détachée de ce que je venais de laisser derrière et plongée dans ma nouvelle vie, sans avoir l’impression d’être tout le temps entre deux endroits (car le départ n’a pas été une coupure nette puisque nous avons gardé notre ancien logement). Les problèmes informatiques ont perduré, après les vacances il y avait quelques factures en retard dûes à un trop long retour au pays et une meilleure anticipation nous aurait évité d’avoir à régler quelques indemnités sans grande conséquence. J’ai maintenant ici des amies de confiance et je sais qu’en cas de problème, je ne suis pas seule, je sais à quelle porte aller frapper, ce qui fait une grande différence par rapport à  notre arrivée (avec ce sentiment d’être tout à coup seule au monde loin de tout et que tout le monde s’en fichera si on a un problème, vraiment une impression déstabilisante, plus profonde dans mon cas à cause de mes soucis de santé. Cependant, les jours où nous avons eu besoin d’aide, nous avons pu en trouver).

Une ambiance alourdie

Pendant ce temps, en France, comme vous le savez trop bien, l’ambiance générale a été bien plus agitée qu’en Autriche, en tous cas d’après mon ressenti, malgré les hésitations, doutes et redites des élections présidentielles autrichiennes. Ce qui fait que très souvent, je me suis estimée privilégiée d’être un peu à distance. Bien sûr pas entièrement préservée cependant. En fait, je suis rentrée en France cet été en ayant l’impression de rentrer dans un pays qui avait beaucoup changé et qui était donc devenu, un peu, une sorte d’étranger. C’est la première fois que j’ai cette impression en revenant en France après avoir séjourné dans un autre pays.

J’étais en France le 14 juillet et me suis réveillée le 15 au matin sur l’horrible nouvelle de Nice, et à mon retour à Genève, j’ai été accueillie, gare de Cornavin, par une fausse alerte à la bombe. A Vienne aussi, l’ambiance s’est tout de même un peu alourdie, les policiers sont plus présents à certains endroits, surtout quand ces lieux sont rattachés à la France, mais la ville reste très sûre. Ce qui est un confort extrême. Je peux prendre mon appareil photo pour aller photographier la pleine lune à minuit comme si je sortais à 18h (où il fait tout aussi nuit en hiver, ceci dit…). Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de villes où j’ai vécu où je me serais lancé ainsi sans y penser, et où effectivement personne n’est venu m’ennuyer une seconde.

Quelques heures après avoir écrit ces lignes, le même jour exactement, j’ai appris dans la presse cet événement, l’arrestation d’un homme suspecté de préparer un attentat à Vienne.

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La « super pleine lune » à Vienne

Organisation personnelle

Côté santé, cela a été un peu plus compliqué car ayant été suivie par une très bonne équipe au départ, j’ai décidé de la garder, bien qu’il y ait certainement de très bons médecins en Autriche. Comme j’ai eu de nouveaux problèmes à régler, j’ai dû contacter souvent l’équipe médicale et faire le tour des médecins lors de mes retours. Les spécialistes qui m’avaient donné le feu vert pour partir en Autriche trouvent maintenant que ce n’est pas pratique que je sois si loin mais je reste sourde à leurs suggestions de trouver sur place car je souhaite garder l’équipe médicale qui m’a si bien accompagnée. D’ailleurs, cette équipe a fait une nouvelle fois ses preuves en me remettant sur pied malgré ces complications. Vivent les nouvelles technologies qui m’ont permis de communiquer à distance !  Il m’a cependant quand même parfois fallu rentrer pour des visites médicales. On a cependant trouvé sur place généraliste et dentiste dont on ne pouvait se passer (beaucoup plus facilement qu’on ne trouve à Genève ou en France voisine).

Côté famille, il y a parfois un certain sentiment de culpabilité à se trouver si loin, mais notre séjour en Autriche a permis aussi de faire voyager certains membres de ladite famille (dont beaucoup sont de toutes façons, il est vrai, déjà des voyageurs…). Certains ont pu venir nous voir, d’autres ont découvert Budapest ou la Slovénie sur le chemin, et tous sont tombés sous le charme de ces endroits, qu’il n’aurait peut-être pas connus sans ça. Nous avons bénéficié d’une certaine compréhension familiale pour notre éloignement, et d’une tolérance pour nos absences aux fêtes familiales dont je suis reconnaissante. Et encore une fois vivent les nouvelles technologies (mais je ne dis pas merci aux bugs de Skype…).

Le chemin des serpents

Une certaine paresse s’installe, je lisais récemment un article qui parlait du chemin des serpents. Les serpents, lorsqu’ils ont trouvé un sentier sûr, reprennent toujours le même, l’instinct leur dictant que si ce chemin a été sûr une fois, il le sera toujours (ce qui semble un peu absurde si on y réfléchit une seconde). Peu avant cet article, j’avais effectivement remarqué que par rapport à l’an dernier, ma vie comportait moins de nouveautés et que je suivais plus souvent le chemin connu. Parfois même pas forcément le meilleur chemin, mais celui qui m’est devenu le plus familier. Ce qui présente un confort certain. Il y a aussi une certaine fierté à avoir recréé une nouvelle vie rapidement, à avoir retrouvé des repères (cette rapidité, je la dois énormément à Vienne Accueil). Mais j’ai encore beaucoup de choses à explorer dans Vienne ! Donc il ne faudra pas que je m’endorme sur les terrains connus trop longtemps…Ceci dit, cette fois, cela se fera à partir d’un socle, de petites habitudes rassurantes, de communautés connues…Et je vous rassure, j’ai tout de même encore beaucoup de découvertes à vous partager ! Comme il n’est pas possible de tout mettre sur le blog, j’ai créé un compte instagram , car il suffit de sortir un peu dans Vienne pour que cette ville magnifique offre de très belles images. Je dois aussi vous parler un jour d’autres voyages que nous avons fait depuis l’Autriche, Budapest en Hongrie, Lviv (ou Lvov), en Ukraine. De Kiev, je vous avais déjà aussi montré la pleine lune.

Lviv grande place.JPG
Grande place de Lviv , Ukraine

Pour l’allemand, il va me falloir encore beaucoup de temps !, je n’ai pas pu prendre de cours soutenu à cause de ma santé, mais je progresse doucement, mes interlocuteurs ont air un peu moins paniqué, on me dit moins souvent « attends je te trouve quelqu’un qui parle français ! » mais là aussi il y a une certaine paresse qui s’installe, je vais moins me confronter si je peux contourner qu’au début…J’ai eu une révélation, je pensais que je ne progressais pas à cause de la grammaire et je me suis rendu compte qu’il me manquait encore énormément de vocabulaire aussi, en fait. Donc deux fois plus de travail !

Saison 2

Cette dernière année et quelques mois de notre deuxième « saison » ici, j’ai découvert en fait un monde en plus que celui que je pensais explorer. J’ai quelques amies autrichiennes, et je m’intéresse à Vienne, à l’histoire et à la culture autrichienne, et j’ai appris beaucoup de choses, mais j’ai aussi vraiment découvert le monde fascinant des expatriés, extrêmement riche, varié et méconnu. En fait, je pensais apprendre l’allemand et j’ai appris pleins d’autres choses avec Vienne Accueil, auxquelles je ne m’attendais pas du tout. Un peu l’allemand aussi tout de même !

Je n’aime toujours pas faire les courses si souvent (pas d’hypermarché à Vienne, mais des sortes de « supérettes » un peu partout, et très peu de contenant à dosage familial, on doit donc y retourner souvent), mais j’arrive à ruser pour ne pas y aller tous les jours…On a nos produits familiers, parfois un peu trop répétitifs au goût des enfants, mais ils apprécient encore moins mes tentatives de découvrir autre chose de nouveau, qui sont rarement concluantes (mais ça, en France, c’est pareil !).

L’an dernier, je découvrais tout avec un regard neuf, il y avait énormément de découvertes et de premières fois. Cette année, j’attends le retour des périodes qui rythment la vie viennoise, ici très marquée par les saisons: le retour des marchés de Noël, du carnaval, des marchés de Pâques, etc…et il y a à la fois la joie de les anticiper, de les vivre en connaisseur et en même temps le goût des dernières fois, car notre séjour arrivera bientôt à date d’expiration. Le chemin du retour se profile encore un peu au loin, avec lui aussi ses doutes, ses interrogations, ses inconforts…mais c’est une autre histoire, comme dirait Kipling.

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Marché de Noël à Vienne, Rathausplatz

 

2 commentaires sur “De l’inconfort des voyages, 2e épisode, 1 an après

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