A propos du Nature Writing et de l’écopoétique, Interview de Pierres-Yves Touzot

Lorsque Pierres-Yves Touzot m’a contactée pour me proposer son roman Oldforest à chroniquer sur le blog (ce qui a été fait par Stéphanie Halan, du Phare Littéraire, dans cette chronique invitée ), il me l’a présenté en m’évoquant le Nature Writing et l’écopoétique. Les termes sont parlants, mais je ne savais pas ce qu’ils recouvraient réellement dans le domaine littéraire, j’ai donc souhaité lui demander des précisions et il a très gentiment répondu à mes questions. Ses explications se sont révélées passionnantes, tout comme la magnifique vidéo qu’il a tournée sur le sujet, et que je vous recommande de regarder également:  A propos du Nature Writing

 

  • Pouvez-vous nous expliquer ce que sont le Nature Writing et l’écopoétique ?

Le nature writing est un courant littéraire nord-américain dont les précurseurs sont David Thoreau et Jack London.  Les représentants actuels les plus connus sont Jim Harrisson, Peter Fromm ou David Vann. Le nature writing traite du rapport entre l’homme et la nature, en plongeant les personnages dans des environnements sauvages. La nature n’y est pas juste une arène, mais joue un rôle dramaturgique dans l’histoire et dans l’évolution des personnages. L’écopoétique est une science nouvelle, le pendant européen du nature writing. Elle se consacre à l’étude l’utilisation de la représentation de la nature dans littérature et dans les œuvres d’art en général, pour aboutir à la sensibilisation écologique des lecteurs aux problèmes environnementaux.

C’est un champ de recherche récent, qui se développe depuis une dizaine d’années. En fait, l’idée est de reconnecter l’homme avec la nature à travers des œuvres artistiques, pour les amener à se reconnecter avec la nature dans leur propre vie. En espérant que cette reconnexion aboutira à un meilleur équilibre entre l’Homme et la nature. Vaste ambition, je sais.

Pour information, il y a en France une tradition très ancrée de publication de livres d’écrivains voyageurs, qui proposent des récits de leur propre voyage, mais nous ne sommes pas encore très nombreux à proposer du nature writing, qui n’est pas du récit, mais de la fiction.

  • ​​​​​Comment en êtes-vous arrivé au Nature Writing ? Un peu par hasard. J’ai toujours été très sensible à la nature, et à la place de l’homme dans la nature. J’ai naturellement eu envie d’écrire sur ce sujet. Ca n’est qu’à la fin de mon second roman que j’ai découvert qu’il appartenait, comme le premier, au genre littéraire du nature writing.
  • Que conseilleriez-vous à des auteurs qui souhaitent écrire dans ce genre ?

Je leur conseillerais de prendre du temps pour être au contact de la nature, et de se nourrir de leurs expériences vécues pour écrire. Cela peut prendre de nombreuses formes, et cela ne demande pas forcément d’aller dans les régions les plus retirées de la planète. Il y a des rivages, des forets, des rivières, ou encore des plaines un peu partout !

  • Quels sont pour vous les livres indispensables à lire dans ce genre ?

Pour moi, il n’y a aucun ouvrage indispensable, mais il y a effectivement des références, à travers à la fois des récits, des essais ou des romans. En commençant bien sûr par les écrits de Henri David Thoreau, naturaliste, philosophe et poète américain de la première moitié du 19eme siècle, qui a été le premier à s’interroger à la fois sur les dérives de nos sociétés industrielles modernes, et sur l’importance de notre connexion avec la nature. Ensuite, je suis obligé de citer Jack London, qui a été parmi les premiers à créer des oeuvres de fiction dans lesquelles la nature était un personnage à part entière (Croc Blanc, l’Appel de la Forêt). Plus récemment, on peut citer Michael Blake (Danse avec les Loups), Jon Krakauer (Into The Wild), Michael Punke (The Revenant), David Vann (Sukkwan Island), ou encore des écrivains voyageurs français comme Sylvain Tesson (Six moi dans les forêts de Sibérie), Nicolas Bouvier (l’Usage du Monde) ou Bernard Moitessier (La Longue Route). Et il y en a beaucoup d’autres.

  • Comment voyez-vous l’avenir du Nature Writing ?

Pour éviter le désastre écologique qui s’annonce, je pense que nous devons nous reconnecter avec la nature. Les livres de nature writing peuvent y participer, et je crois que ce genre littéraire va prendre de plus en plus d’ampleur dans les années à venir.

  • Pour en revenir à vos propres créations, quels sont vos futurs projets ?

Je travaille sur la suite d’Oldforest, que j’espère publier au début de l’été 2019, et sur deux autres romans, qui traitent toujours du rapport entre l’homme et la nature. Et je prépare un film sur cette même thématique.

3 commentaires sur “A propos du Nature Writing et de l’écopoétique, Interview de Pierres-Yves Touzot

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