La première fois que j’ai été deux, Bertrand Jullien-Nogarède

Lorsque Karen voit débarquer dans sa classe de banlieue parisienne un jeune anglais atypique, elle comprend tout de suite que celui-ci n’y est pas à sa place. Malgré sa propre réserve, elle va vite tomber sous le charme du  et découvrir son univers, qui lui permettra de sortir de sa banlieue grisâtre, le tout au son de la passion du jeune homme, le courant musical anglais des années 70.

Pourquoi chroniquer ce livre ?

J’ai voulu lire et chroniquer ce livre parce que j’ai été intriguée par les articles des autres blogueurs littéraires à son sujet. Je l’ai reçu en service de presse.

Mon avis: un ouvrage qui agace par ses imperfections et pourtant tellement réussi par ailleurs.

Tout comme les autres blogueurs littéraires que j’ai lus au sujet de ce livre, j’ai un avis mitigé. Je n’ai pas tout aimé dans le livre, et pourtant il y a des éléments que j’ai vraiment beaucoup aimés, et il mérite le détour. En fait, ce qui m’a vraiment dérangé, c’est le personnage de Karen (qui est le personnage principal), et surtout l’utilisation de la première personne pour ce personnage. Parce que je n’ai jamais réussi à oublier l’auteur derrière celui-ci, et le fait qu’il s’agisse d’un homme et non d’une jeune adolescente. Déjà par le vocabulaire – d’autant que le registre de langage de Karen n’est même pas uniforme tout au long du livre, très vulgaire au début, un peu trop à mon goût, parce que même si c’est une jeune banlieusarde, c’est la fille d’une bibliothécaire et une première de classe…et par certaines réflexions. Et puis sa décision de la fin m’a semblé absurde et donné envie de lui donner des claques. Bref, je ne me suis pas attachée à ce personnage du tout. La romance entre Karen et Tom ne m’a pas semblé non plus extrêmement originale (la jeune fille qui se dévalorise pour X raisons et qui va tomber sous le charme d’un jeune homme tellement différent des autres, et qui ne verra qu’elle…).

En revanche l’ouvrage lui a vraiment son originalité, de par la description de l’univers de Tom. Et d’autres personnages sont vraiment beaucoup mieux campés, difficile de ne pas tomber aussi sous le charme de Tom, ou de ne pas être ému(e) par l’histoire dramatique de Mélanie, la meilleure amie de Karen. Et l’ouvrage est certainement peu commun pour une romance adolescente, mais surtout par sa toile de fond. La présence de l’univers musical de Tom, avec la description de l’univers du mouvement des Mods issu du courant musical anglais des années 70, est particulièrement réussi (c’est le point qui m’avait le plus intéressé dans ce qui en était décrit, et le résultat était au rendez-vous).  Intéressante aussi l’influence de l’histoire européenne sur celle de Tom, et les descriptions de cultures très différentes, de la banlieue parisienne à Londres, en passant par les souvenirs de la 2de guerre mondiale en Allemagne. Bref, un ouvrage qui agace un peu (beaucoup) par ses imperfections parce qu’il est tellement réussi par ailleurs, et que je ne réserverais en tous cas certainement pas qu’à des adolescents. Si je n’avais pas dû le chroniquer, je n’aurais certainement pas lu plus que les premières pages, rebutée par le vocabulaire de Karen, mais cela aurait été vraiment dommage.

1efois2.3

Pour commander la première fois que j’ai été deux:

Crédit photos: la Plume d’Isandre

4 commentaires sur “La première fois que j’ai été deux, Bertrand Jullien-Nogarède

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  1. Le titre du livre m’intriguait. Finalement, après avoir lu ton article, je ne suis pas sure qu’il me plairait. En tout cas, je te remercie pour ton avis honnête.

    Aimé par 1 personne

  2. Je le lis avec un élève francophone qui séjourne ici pour 6 mois et qui se retrouve sans classe de français adaptée. C’est moi qui l’ai choisi, et je ne regrette pas mon choix! Il plait aussi beaucoup à mon élève, un jeune garçon de 16 ans qui vit actuellement une histoire pseudo-amoureuse bi-culturelle.
    À l’inverse, je me suis rapidement attachée à Karen, car elle me rappelle non seulement moi sur presque tous les points, mais me fait aussi penser à plein d’adolescentes avec lesquelles je travaille.
    Le style n’est pas toujours super soigné, j’en conviens, mais le vocabulaire de Karen me semble approprié à son personnage. Elle est dépeinte comme une jeune fille de 17 ans, il ne faut pas l’oublier, très intelligente et décidément introvertie. Je n’ai pas fini encore, je le savoure — mais j’avoue que j’ai lu la dernière page (technique de choix d’une lecture) et ça me déçoit… mais un ouvrage qui me fait le questionner, c’est un ouvrage qui marche!

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, c’est très enrichissant et intéressant de voir ces points de vue différents. Je comprends très bien que ce livre puisse aider ton élève, et c’est une excellente idée. En tous cas, sur un point, on est d’accord, c’est un livre qui ne laisse pas indifférent et comme tu le dis donne envie de le questionner !

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