Que sont-ils devenus ? Véronique B.Jeandé et le cercle Mantéia

En mars 2017, j’ai chroniqué un thriller qui me fait encore frissonner quand j’y pense, le cercle Mantéia . Et l’intrigue était assez marquante pour que je m’en souvienne très bien. Dans la série des « que sont devenues » des personnes dont je vous avais parlé sur le blog, j’ai interrogé son auteur, Véronique B.Jeandé. Et il arrive parfois que lorsqu’on interroge un écrivain, on ait la chance qu’il vous écrive tout un roman. Vous allez donc pouvoir juger dans cet interview de la plume malicieuse de cet auteur, et décider par vous-même si vous préférerez par la suite être de ceux à qui elle dédicacera ses livres…ou faire partie des victimes de sa plume assassine et vengeresse. Attention: cet interview n’est pas garantie sans cadavres (dans le placard).

veronique jeandé
Véronique B.Jeandé
  • Quel a été ton parcours depuis que j’ai chroniqué le cercle Manteia sur la Plume d’Isandre ?

Le parcours du combattant, bien sûr, comme tous les auteurs inconnus.
Je pourrais en écrire un roman, mais j’hésite encore. Pas assez de cadavres à semer sans doute, car il ne faut pas oublier que mon style de prédilection reste les thrillers. Quoique… Avec juste un peu d’imagination…
Il pourrait s’appeler « 2019, l’odyssée du Cercle », ou bien « Le cercle des auteurs disparus ». Mais ne nous emballons pas. Je n’ai jamais donné un nom à un livre avant d’avoir fini la phase d’écriture.

Le roman débuterait dans le grand monde de l’édition.
Un peu d’action dès le départ, histoire d’accrocher le lecteur. J’ai quelques idées de candidats potentiels, qui feraient des cadavres tout à fait convenables. La principale difficulté sera d’éviter de tomber dans les clichés. Car la réalité n’est un secret pour personne : nous allons y dénicher quelques filous.
Une fois débarrassé de ces aigrefins, nous pourrons lancer une mission d’infiltration dans ce monde placé sous haute surveillance.
Les grandes maisons d’édition, qui croulent sous les manuscrits et n’ont matériellement pas le temps de lire tous les textes qui leur sont adressés. J’imagine très bien la scène : à droite, une pile de manuscrits, à gauche, une pile de lettres types et, au milieu, une pauvre secrétaire désabusée condamnée à emballer perpétuellement des manuscrits en maudissant ces écrivaillons foisonnant d’idées.
Puis une visite à ces petites maisons d’édition moins connues, qui fonctionnent par coups de cœur et affinités et essayent de grignoter quelques parts du marché. Cependant, tout le monde connaît la définition du mot « petite » : il n’y a pas de place pour tout le monde.
Le tout sous l’œil malicieux d’un Moite von Lipwig, récemment promu à la direction de la poste et emprunté pour l’occasion à Terry Pratchett, qui va faire son possible pour assurer ces va-et-vient.

Un passage par le monde des auteurs, bien entendu.
Plus d’auteur, plus de livre. En conséquence, il est préférable de ne pas les faire disparaître en plein milieu de l’histoire.
Je vais donc garder en réserve mon vaniteux qui se prend pour le futur King, mon pénible qui fait le forcing pour vendre ses livres, au risque de finir dans les indésirables, mon asocial qui préfère rester dans sa bulle, sans oublier la mascotte de l’histoire pour mettre un peu de piment, cette tornade à quatre pattes dévoreuse de livres (je ne vise vraiment personne).
Et ce microcosme foisonnera de joyeux fêtards, de passionnés. Visite obligatoire au groupe d’indés, qui bavardent au fond de la classe. Un problème technique ? Un échange d’expériences ? Ou simplement un coup de blues parce que l’on se sent seul au monde ? Pas de problème, service actif, dépannage 24 heures sur 24.
Un grand saladier de mojito pour décorer la place, et les discussions se poursuivront jusqu’au bout de la nuit (Message personnel : Le stock de Curly est rangé dans le placard en bas à gauche).

Et c’est à ce moment-là que nous déboulerons dans le monde des blogueurs.
Vais-je parler du livre que j’ai trouvé en vente sur le Web, qui ne pouvait être que l’un des exemplaires adressés pour faire une chronique ? Vais-je parler des chroniques oubliées, qui sont sans doute programmées pour une célébrité à titre posthume ?
Non, je crois que je vais zapper ces passages dans mon histoire, car le monde des blogueurs, c’est bien plus sympa que cela.
Blogueurs… ou blogueuses ? Effectivement, il faut admettre qu’elles sont beaucoup plus nombreuses que les hommes. Oh… un sujet épineux à développer : l’égalité des sexes ! Je sens que je vais bien m’amuser.
Perdus dans une foule d’indices, les lecteurs les plus attentifs pourront découvrir les sentiers qui mèneront jusqu’à ces blogs qu’il faut absolument visiter.

Après cet intermède, nous arriverons à destination : le monde des lecteurs.
Oh oui, là aussi quelques cadavres en perspective !!!
Premier conseil du jour, ne pas froisser un auteur, vous risqueriez de vous retrouver dans son prochain roman. Comme cette lectrice indélicate qui a profité des « livres voyageurs » pour se constituer gratuitement sa bibliothèque. Croyez-moi, il va lui arriver de sacrées misères dans mon cinquième tome…
Sachant que l’histoire se déroulera au printemps, j’y glisserai sans doute quelques mots sur le Cercle Manteia, que j’ai vu fleurir sur les sites de téléchargements gratuits à peine une semaine après sa sortie. Un grand débat me direz-vous ! Je suis sûre que mes personnages partageront votre opinion et ne manqueront pas d’échanger sur la question. « C’est un bon moyen de faire de la publicité », dira le premier, tandis que le second ne pourra s’empêcher de rétorquer « Si ton patron te disait : je ne te paye pas, par contre, je te ferai une magnifique lettre de recommandation à l’issue de ton contrat, tu en penserais quoi ? ».
Heureusement pour moi, le monde des lecteurs est suffisamment vaste pour m’autoriser un pourcentage de perte. En vrac, quelques notes qui me permettront de remplir ces pages :
Ces inconnus qui ont semé sur le Web des commentaires élogieux qui m’ont réellement touchée,
La magie des réseaux sociaux, qui m’a permis d’échanger, de sympathiser, voire de rencontrer certains lecteurs,
Les livres voyageurs qui reviennent à la maison les poches pleines de souvenirs de vacances,
Et d’une manière générale, tous ces parfaits inconnus avec qui j’ai réussi à partager mon univers, des émotions et des sensations.
Les groupes de mordus qui foisonnent sur les réseaux sociaux y trouveront sans doute leur place. J’y infiltrerai l’écrivain espion qui traque les retours sur ses romans, pour la forme. Sans oublier que cet espion est également un lecteur, qui subtilisera au passage quelques infos pour alimenter sa pile à lire.
Et juste pour embrouiller le lecteur, je prendrai tout ce petit monde, je secouerai un grand coup et j’en ressortirai des « lecteurs écrivains ». Car il n’existe parfois qu’un minuscule pas à franchir pour basculer de l’autre côté. Avec ou sans influence, n’est-ce pas les influents ?
Il faudra sans doute que je fasse du tri dans les personnages. Si je m’étends sur tous ceux dont j’ai apprécié l’éthique et la délicatesse, mon roman risquerait de se transformer en pavé.
Et nous voici enfin arrivés au dénouement, une fin renversante à laquelle personne ne s’attendait. Mais je serai intraitable et je ne vous dirai rien ! Car je ne voudrais pas spoiler l’histoire…

  • Quel a été le parcours du cercle Manteia ? As-tu publié d’autres ouvrages ?

Le Cercle Manteia a rejoint les éditions Le Lys Bleu.
Il est le premier d’une série qui comporte quatre tomes aujourd’hui, les trois autres volumes n’étant disponibles pour le moment qu’en autoédition.
La Couleur du deux reprend l’histoire à l’issue du Cercle Manteia. Un nouveau personnage va faire son apparition. Un jeune garçon doté d’une intelligence hors norme, mais incapable de s’adapter aux règles et usages de notre société. Sa logique désarmante et son honnêteté sans faille vont l’entraîner dans une spirale infernale et susciter de nombreuses réactions : haine, amour, convoitise…
Dès le début de l’écriture de mon premier roman, une question s’est insinuée dans mon esprit. Qu’est-ce qui nous attend après la mort ? S’agit-il simplement d’une fin ? Ou bien existe-t-il un autre monde, une vie après la vie ? J’ai préféré opter pour la seconde solution. L’écriture est une porte ouverte sur l’imagination, c’est ce qui me plaît. Aussi, j’ai construit ce monde, à ma manière, tout en restant le plus cohérent possible. Histoire que chacun puisse se poser cette question : Et si c’était vrai… C’est la petite touche de surnaturel relevée par un certain nombre de lecteurs.
La mort est donc un sujet qui m’interpelle. Mais dans le troisième tome, La cinquième clé, je me suis amusée à contourner cette question. Si nous avions la possibilité de vivre éternellement, que ferions-nous de ce cadeau des Dieux ? Un cadeau qui finalement n’en est peut-être pas un : c’est ce que vont découvrir les protagonistes de cette histoire.
Borderline, quant à lui, nous amène aux frontières de la folie. La folie des hommes, des scientifiques qui croient pouvoir manipuler la nature. Mais aussi la folie d’un jeune garçon, dont le parcours atypique va sans doute expliquer ce qui l’a amené au fond du gouffre.

  • Quels sont tes projets actuellement ?

Profiter de la vie avant d’obtenir une réponse à toutes ces questions existentielles ! Plus sérieusement, un cinquième tome est en cours. Mais je serai bien incapable de vous dire lorsqu’il verra le jour…
Écrire est un travail à temps plein. L’histoire vous poursuit continuellement sans vouloir vous lâcher. Faire la promotion de ses livres, les publier et essayer de les vendre est également un travail à temps plein. Moins passionnant à mon goût, il faut bien l’admettre. Mais comme de nombreux auteurs, je ne vis pas de l’écriture. J’ai donc une autre activité, plus sérieuse et plus lucrative, qui me permet de boucler mes fins de mois. Sans oublier sa vie personnelle, sa vie familiale, et toutes ces tâches quotidiennes qui requièrent encore – et toujours – du temps.
En conclusion, j’ai eu beau essayer de tasser toutes ces activités, j’ai fini par renoncer à les faire rentrer dans une simple journée. Il a donc fallu que je remette un peu d’ordre dans mes priorités. Et c’est ainsi que l’écriture a dû abandonner sa pole position. En conséquence, l’histoire avance nettement moins vite…

  • Où peut-on continuer à suivre ton actualité ?

Sur mon site Web 

ou sur ma page Facebook

veroniquejeandé3
Le cercle Manteia et d’autres ouvrages de Véronique B.Jeandé

Crédit photos: Véronique B.Jeandé

 

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