Interview blogging: Les chroniques d’une cinglée, rendez-vous des blogueurs d’août.

Nous terminons cette série d’interviews blogging initiée en août pour le groupe le Rendez-Vous des blogueurs avec le blog Les chroniques d’une cinglée  qui nous apporte un témoignage fort et touchant sur comment blogueur peut  aider dans des moments très difficiles de la vie et avoir un côté thérapeutique. 

Je referai peut-être occasionnellement des interviews blogging, j’ai beaucoup aimé la diversité des réponses des blogueurs participants, je crois que l’on a pu se rendre compte à quel point chaque approche était différente dans cette série. En revanche, cela sera occasionnel, et non à la suite comme je viens de le faire pour répondre à un thème. 

De quoi parle ton blog ?

Mon blogue, Les chroniques d’une cinglée, existe dans les faits depuis 2009. J’y parle aujourd’hui de tous les sujets qui me tiennent à coeur mais surtout, de littérature, de famille, mais aussi, de thématiques qu’on pourrait qualifier de féministes. J’ai par ailleurs deux projets d’écriture de livres qui se basent sur mon histoire familiale sur mes tablettes.  Alors le blogue, c’est un peu le mélange de tout cela.

Pourquoi ce sujet ? 

Le déclencheur de ce blogue, je dirais que ça s’est passé à l’été 2008. J’ai eu un petit garçon en 2006 et le projet de famille c’était alors d’avoir deux enfants. C’est ainsi qu’en 2008, j’ai été enceinte d’une petite fille. À cinq mois de grossesse, j’ai appris qu’Annabelle serait trisomique. Cette nouvelle, je dirais, nous a frappés, mon conjoint et moi, un peu comme un dix roues parce qu’évidemment, on ne s’y attendait pas. À l’époque, nous avons pris la décision, pour mille raisons, de ne pas poursuivre ma grossesse. Honnêtement, avec ma mère atteinte de Parkinson qui nous demandait déjà beaucoup de soutien, un travail à temps plein, la vie de banlieue qui impliquait de passer trois heures par jour dans le train pour me rendre au boulot au centre-ville, j’ai eu le sentiment que je n’y arriverais jamais. Et je ne parle même pas ici de ma vie de famille pas mal chaotique alors que les rencontres familiales trouvaient toujours le moyen de virer au bordel digne d’une comédie. Vraiment tout était lourd! Avec le recul – douze ans ont passé depuis – je me dis que j’aurais aimé être mieux conseillée par les médecins, qu’on me dise que ça irait. Mais quand ces événements se sont produits, le tout s’est déroulé tellement vite! En deux jours! La nouvelle, la pression pour rapidement prendre une décision (parce qu’à cinq mois de grossesse, on parle d’un bébé et par conséquent, d’un accouchement….) Et le passage à l’hôpital ou j’ai accouché d’une petite fille morte née. Et pour laquelle il a bien sur fallu aussi penser au côté funéraire… Bref! Pour faire une histoire courte, le blogue m’a semblé alors être une belle façon pour moi de partager ce que je vivais alors et qui au moment ou on le vit, nous apparaît tellement surréaliste. 

Comment as-tu créé ton blog ?

 J’ai d’abord commencé à écrire en me disant que perdue dans le web, personne n’allait me lire et que par conséquent, je pouvait tout raconter sans conséquence. Mes histoires de famille bordélique (une mère trois fois mariée, un père mort depuis 35 ans mais pas enterré, les disputes familiales qui revenaient avec la fréquence d’un métronome, etc), mes coups de gueules, mes envies d’écriture, mes coups de cœur littéraire… Tranquillement, une petite communauté s’est formée autour de mon blogue. Et même si je n’ai pas un lectorat phénoménal, celui-ci m’apparaît d’une stabilité qui m’étonne toujours. Je le constate en regardant les statistiques de fréquentation: mes lecteurs sont de partout où on parle français (France, Maghreb, un peu des États-Unis, et ici au Québec bien sûr).

Où en-es tu aujourd’hui côté blogging ?

 Ces dernières années, je me suis beaucoup remise en question. Continuer ou tout arrêter ? Parce que, il faut bien le dire, le monde des blogues a beaucoup changé depuis 2009, une époque que je n’hésiterais pas à qualifier de pré-histoire du blogue. Aujourd’hui, il y a des blogues sur toutes les thématiques, plus ou moins d’égales qualité. Alors il m’arrive de me dire que dans toute cette marée, on finit par se perdre et ne plus faire tellement la différence. Du coup, je m’interroge sur la pertinence de continuer.

Est-ce que bloguer change quelque chose dans ta vie personnelle ?

 Clairement! Parce que bien sur, je suis toujours en recherche de sujets sur lesquels écrire. Qu’écrire justement, ça demande du temps et de la planification. Et aussi bien sur, de la régularité. Mais au delà du côté technique, je pense qu’écrire ça contribue à mon hygiène mentale. 

Quel est pour toi le plus gros avantage du blogging et son plus gros inconvénient ? 

L’avantage je dirais c’est justement cette occasion de me poser, un peu comme un moment juste pour moi. Le désavantage peut-être c’est qu’aujourd’hui, il faut être vraiment conscient que tout ce qu’on écrit sur le web est public. Il faut donc être certains de pouvoir l’assumer. Il m’est arrivé d’écrire des billets que j’ai remis en mode privé quelques heures plus tard. Parce qu’un blogue c’est un lieu pour se défouler. Mais pas n’importe comment. 
Quel conseil donnerais-tu à un/e autre blogueur/se, si tu ne pouvais lui en donner qu’un ? 

D’abord être capable de répondre à la question du pourquoi. Pourquoi un blogue ? Si c’est pour devenir riche, il existe un million d’autres façons pas mal plus efficaces! Si c’est pour le plaisir, parce qu’on a le sentiment d’avoir quelque chose à dire de personnel, qui n’a pas déjà été dit jusqu’à plus soif, alors c’est un Go! Le pourquoi c’est ce qui nous permettra de tenir même si on est pas lu, même si on a pas toujours beaucoup de temps, même si ça ne rapporte pas grand chose. Le pourquoi fera de votre projet de blogue une priorité (ou pas).

As-tu vécu de belles aventures grâce au blogging ? Et as-tu vécu des mésaventures à cause de lui ? 

J’ai été chanceuse je pense. J’ai vécu plus de belles expériences que de mauvaises. Je n’ai pour ma part jamais reçu de mauvais commentaires ou quoi que ce soit. Au contraire, au fil des années le blogue m’a permis d’échanger avec des gens d’ailleurs que je n’aurais bien sur jamais connus autrement. J’ai échangé pendant des mois avec une Française que certains de mes billets avaient rejoint de façon plus marquante. Pour le négatif, il m’est arrivé de retrouver certains de mes billets (en partie) repris ailleurs sans qu’on ne me crédite mais ça, je dirais que ça fait partie des risques du web. Il y aura toujours des gens qui ont plus envie de faire des sous et à obtenir des clics que de travailler à produire leurs contenus. 

Quels sont tes projets ? 

Venir à bout de mes deux projets de livres bien sur! J’avoue que là dessus, je suis probablement la première à m’auto-saboter. L’un porte sur l’histoire de mon père (le titre de travail en est «L’homme  nu»), l’autre sur l’histoire de ma famille à travers les femmes, de génération en génération («Le sang des insoumises»). Les deux m’apparaissent vraiment très clairs dans mon esprit mais je suis bloquée sur la forme je dirais. J’y travaille et j’ai d’ailleurs participé à un atelier d’écriture cet été. 
 
Peut-on te trouver ailleurs en dehors de ton blog ? (Réseaux sociaux, etc) 

J’écris de façon occasionnelle pour HabiloMédias, un organisme qui traite d’éducation aux médias. L’un de mes certificats à l’université portait justement sur l’analyse des médias, un de mes grands dadas. J’écris donc des billets de blogue avec mon chapeau de mère d’un ado, face au pouvoir des médias dans nos vies. Aussi, j’ai au fil du temps offert quelques uns de mes billets des Chroniques d’une cinglée au Huffington Post. Je me disais que ça apporterait une belle visibilité à mon blogue. Mais la vérité c’est que le modèle du Huffington peut sembler moins intéressant avec le temps. Le site est alimenté avec les écrits de centaines de blogueurs non rémunérés et les contenus sont ensuite partagés sur d’autres éditions sans qu’on nous le demande. Je me suis ainsi rendue compte par hasard un jour que certains de mes billets étaient publiés au Maghreb 🙂 Bref! Dans l’optique ou ça prend vraiment beaucoup d’investissement en temps d’écrire des contenus, je préfère conserver les miens pour mon blogue, même si je n’ai pas l’audience d’un grand média.

Veux-tu ajouter quelque chose ? 
J’ai l’impression d’être passée du coq à l’âne mais je pense que ça fait pas mal le tour de mon expérience.

Crédit Photo Image à la une: Les chroniques d’une cinglée

4 commentaires sur “Interview blogging: Les chroniques d’une cinglée, rendez-vous des blogueurs d’août.

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