Writoberae J2: Ma vie de nuit

Je relève le défi jour 2 de #writoberae (1 défi d’écriture donné par un indé par jour en octobre) sur le thème: La nuit, proposé par l’auteur indépendant Thomas Lebescond. Ce texte prend ainsi un peu d’avance sur mon introduction à Octobre Rose 2020 #octobrerose  que je vous mettrai bientôt sur le blog, car je veux essayer de publier en suivant les jours du défi (ou à peu près). Cela fera que parfois vous pourrez recevoir, si vous êtes abonnés, deux articles le même jour  pendant ce défi (celui du blog et celui du challenge). Je ne ferai pas forcément tous les thèmes, ni ne publierai tout ceux auxquels je participe. J’espère quand même vous en montrer quelques uns.
Si vous voulez participer aussi, vous pouvez trouver les consignes sur le blog Abby Green ou le compte instagram @portailautoédition.

Ma vie de nuit participe également au thème Octobre Rose du Rendez-vous des blogueurs

Ma vie de nuit

A la tombée de la nuit, actuellement, j’éprouve un soulagement. Ma journée de malade, au sens littéral du terme, se termine. Au réveil, le matin, la journée m’effraye toujours maintenant. A quoi vais-je devoir (encore) faire face ? Quoi que ce soit, cela me semble déjà trop, dans l’état de fatigue dans lequel je suis déjà au réveil. Mais je ne suis pas prête à démissionner, et je vais m’efforcer, sans toujours y arriver, d’être une malade debout, ou au moins une malade présente, au pire une malade indisponible qui dit qu’elle revient bientôt. Je vais tenter de faire ma part. Ma famille prend souvent le relais mais je tente chaque jour de rester un peu utile et en temps que Maman, je le suis toujours au moins un peu. Je vais me donner des objectifs, certains très petits, certains très nécessaires, et d’autres plus gros, cela dépend des jours. Parfois ce sera aller jusqu’à la salle de bains pour me laver les dents, et d’autres fois, je réussirai à partir en balade avec ma famille (Premier objectif, à décomposer sur plusieurs jours: réussir à faire ma valise). Mes amis ont du mal à suivre parfois, entre les fois où je suis trop épuisée pour parler ou me lever et ceux où j’envoie des photos de nos promenades plus ou moins lointaines, à quelques jours près. Mon mari a compris que nos balades en famille m’aéraient l’esprit et m’aidaient à supporter les jours cloués au lit. Les effets de mon traitement suivent un cycle, et nous nous organisons en fonction. Par exemple, nous savons que je ne pourrai me déplacer pendant quelques jours après des injections, que je serai plus en forme la semaine où je n’ai pas de chimio orale. Et puis parfois les coups de fatigue arrivent de manière inattendue et les jours où je suis plus en forme aussi.

La nuit tombée, je ne me sens plus obligée de répondre, d’affronter, de faire face, de m’efforcer, d’expliquer, de parler, de créer, de réaliser, de lutter contre la douleur et l’épuisement. La journée a été mauvaise ? Elle est terminée. La journée a été bonne, quelle excellente surprise, je peux respirer et la savourer maintenant ! Mon lit, qui ressemble parfois à une condamnation le jour, devient l’endroit naturel où me trouver la nuit. J’y regarde des séries sans aucune culpabilité, ce n’est pas une heure où je regrette de ne pas pouvoir être plus active. Je n’ai plus d’engagements à respecter, pas de choix parfois cornéliens à faire avec leurs lots de doutes et d’erreurs inévitables. J’ai aussi une habitude régulière de bénir à cette heure là toutes les personnes qui ont été présentes dans ma journée, même celles que je n’ai pas appréciées. Cela change le regard sur les personnes désagréables, cela souligne les belles rencontres.

Parfois, les insomnies s’invitent et me gâchent ce répit, une partie de la nuit se transforme soudain en une nouvelle épreuve. Je sais trop bien aussi que les nuits ne sont pas toujours un répit pour les malades. Par chance, maintenant, les douleurs me laissent aussi plus tranquilles à ces heures-là. J’ai besoin de ce rideau de sommeil, pour séparer un jour de l’autre, pour faire la différence, et me remettre du précédent ou m’en reposer. Mais si je m’endors, alors la maladie n’a plus de prise sur ma vie de dormeuse pendant quelques heures. Je dors comme tout le monde, je dors comme quand j’étais en bonne santé, je vis des aventures dans mes rêves. Souvent, pendant la journée, je m’efforce de retrouver le goût de vivre, que m’ôtent la maladie et les effets secondaires des traitements, et les autres épreuves, mais quand je dors, je vis aussi, mon coeur bat, mes rêves racontent des histoires, j’y rencontre parfois des amis, et je n’ai pas à tenter de retrouver le bonheur d’avoir dormi. Même les insomnies me rendent précieuses ces heures où je dors enfin, les heures où je récupère la force d’affronter une nouvelle journée de malade.

Berceuses de Mozart

https://www.youtube.com/watch?v=dmHvMWBk98k&list=RDQMpKY7Y0XfR40&start_radio=1

Crédit photo image à la une: la Plume d’Isandre + filtre Facebook

2 commentaires sur “Writoberae J2: Ma vie de nuit

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  1. Quel texte magnifique!

    De quoi relativiser nos petits bobos, dont on se plaint parfois tellement, alors qu’on a le privilège d’être en santé…

    Bisous ma belle

    Aimé par 1 personne

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