Écrire pour être soi, Julia Mouftiez, article invité

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé écrire.

À 10 ans, je créais des romans-photos qui racontaient des histoires d’une famille qui ressemblait beaucoup à la mienne.

À 11 ans, je prenais un grand plaisir à réaliser de longues rédactions pour mon instituteur que je remplissais de personnages fantastiques et mystérieux.

À 16 ans (ma grande période romantique), je composais régulièrement des poèmes dont la plupart en alexandrins.

À tout âge, j’ai adoré le sentiment de liberté que m’offrait l’écriture et cette formidable sensation de pouvoir aller aussi loin que m’emmenait mon imagination…

Jusqu’à ce que je devienne adulte et que tout s’arrête, du jour au lendemain.

L’âge adulte, cette période où les rêves n’ont plus leur place

Je ne pourrais pas dire quand ni comment s’est arrivé, mais je crois que j’ai fini par me dire qu’il valait mieux que j’arrête de perdre mon temps avec un loisir qui ne permettrait jamais de gagner ma vie.

Les grandes personnes avaient bien fait leur travail lorsque j’étais enfant. A force de me répéter que je devais faire des choses utiles – et non futiles – pour devenir quelqu’un, j’avais réussi à me convaincre qu’elles avaient raison.

À quoi bon vouloir être créative ou imaginative si je ne pouvais pas en faire mon métier ?

J’ai donc laissé de côté la part de moi qui me comblait de joie pour devenir une personne rationnelle.

Quand ce qui est enfoui remonte à la surface

Pourtant – ironie du sort – j’ai continué à écrire, et beaucoup : des lettres de motivation, des e-mails professionnels, des messages à mes amies, des listes de courses (je plaisante)…

L’inspiration n’était jamais bien loin, mais je la laissais guider mes doigts sans grand entrain. L’écriture était devenue un outil du quotidien à part entière plutôt qu’un moyen d’exprimer ma créativité.

Pourtant, une partie de moi savait que j’aimais toujours cela. Sans m’en rendre compte, je cherchais toujours les meilleures tournures de phrases, les mots les plus justes…

Que je le veuille ou non, cela me collait à la peau et j’avais l’impression de me battre sans cesse contre un petit démon qui me chuchotait de me laisser aller. À chaque fois qu’il apparaissait, je le balayais d’un revers de la main en l’invitant à me laisser tranquille.

Écrire ne sert à rien. Alors pourquoi revenir constamment là-dessus ?

Le jour où le robinet s’est ouvert

Quelques années plus tard, j’ai fait le choix de changer de métier pour devenir coach. Et devinez quoi ? J’ai dû ouvrir un blog afin de gagner en visibilité et de montrer mon expertise…

Mon premier réflexe a été d’écrire un article très structuré avec des faits, des conseils pratiques… Bref pas mal de choses utiles dont les autres avaient besoin.

J’avais fait mon boulot, j’étais contente. Et pourtant, j’avais la sensation étrange de ne pas aller au fond des choses et cela me frustrait beaucoup.

Et puis un jour, j’ai eu envie de raconter mon histoire aux femmes qui se sentaient perdues sur le chemin de la vie comme je l’avais été.

Je voulais leur parler d’elles, de moi… J’avais besoin de me livrer un peu, je crois.

J’ai donc commencé à écrire et là, j’ai senti que le robinet d’émotions que je maintenais fermé depuis tant d’années commençait à s’ouvrir.

Écrire pour être soi

J’avais l’impression que toute la légèreté et la fantaisie de mon enfance remontaient à la surface. Je laissais enfin s’exprimer cette imagination débordante que j’avais muselée depuis tant d’années, et cela me faisait un bien fou.

Je voyais mes doigts danser sur les touches de mon clavier comme je ne les avais jamais vu faire, ce qui était à la fois étrange et très excitant… Un peu comme si mon cœur était connecté aux touches de mon ordinateur.

Ce jour-là, j’ai enfin compris qu’écrire servait à quelque chose.

Cela n’avait pas d’importance que je n’en fasse pas mon métier ou que cela me rapporte de l’argent. Tout ce qui comptait, c’était que grâce à ce don que j’acceptais enfin, j’étais devenue moi.

Je n’ai jamais arrêté depuis ce jour, et je souhaite de tout mon cœur que cela ne cesse jamais.

Bien sûr, je sais que mes articles ne sont pas parfaits. Ils sont juste comme moi, et cela apporte beaucoup de légèreté à ma vie.


  • Pour retrouver Julia dans son activité de sophro-coach (et même pouvoir piocher quelques conseils pratiques et surtout très bienveillants !):

 

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