Le Salon de l’Auto-édition, interview de Céline Bernard

J’ai appris récemment qu’un Salon de l’Auto-Edition se tiendrait près de Lyon fin mai. Je ne pourrai malheureusement pas m’y rendre, et je le regrette bien, car le programme est vraiment très alléchant. Cela m’a donné envie d’en savoir plus, et une des organisatrices de l’évènement, Céline Bernard, a accepté de répondre à mes questions.

Si après la lecture de l’article, vous souhaitez continuer à suivre la préparation de l’événement de plus près, vous pouvez rejoindre le groupe Facebook du Salon de l’Auto-édition à Lyon , qui lui est consacré.

  • . Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous dire quel est votre rôle dans l’organisation du Salon de l’Auto-Edition ?

Comme je suis tombée dans les livres quand j’étais petite, j’ai gardé un intérêt tout spécial pour la littérature, si bien que je me suis retrouvée dans l’enseignement des lettres. Je me suis reconvertie à 40 ans pour devenir écrivain pour les autres et c’est là que j’ai découvert tout un univers parallèle : celui des auteurs indépendants ! Découverte, révélation et je dirai même plus presque de l’addiction ! D’où l’idée de réunir tous les acteurs de cette chaîne trop peu connue lors d’une journée de rencontres et d’animations.

  •  Pouvez-vous aussi nous présenter rapidement le reste de l’équipe qui organise ce Salon ? 

Chloé assure le volet communication avec une délicatesse et une humanité exceptionnelle ; Christine fait les liens avec les auteurs, avec une sensibilité littéraire remarquable : Yaya Diallo ouvre des horizons vers la francophonie – un pan à développer d’urgence, je crois et Emmanuel assure côté web et budget. L’équipe s’enrichit de compétences supplémentaire,  avec Jean Ducreux et les relations Presse, Nina Oktava et son approche des réseaux, Denis Daul pour la poésie et la performance, entre autres car la centaine d’adhérents de notre association est invitée à mettre son grain de sel.

  •  Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette association ?

Écriture Plurielle, au départ, prend à cœur le pouvoir des mots. Dit de cette manière, çafait un peu « AbraCadaBra ! » j’avoue 😉  Mais nous sommes persuadés de l’immense puissance de la langue française, lorsqu’on prend la peine de sortir des rails de l’information (Lisez : »mise au format« ) ambiante. Beaucoup d’émotions qui empoisonnent la vie viennent de l’impossibilité de s’exprimer. Rejoindre Écriture Plurielle, c’est donc prendre le pied de la lettre. Avec les moyens disponibles, nous organisons des permanences d’écrivain personnel ou public, des ateliers d’écriture, un club journal dans une école, bref, tous les prétextes sont bons pour écrire ensemble, – et nous coordonnons des projets d’écriture collective. L’an passé, il s’agissait de La Pierre & la plume et cette année, le hors-série TVB.
Encrée (je ne résiste pas au jeu de mots) dans le paysage local, c’est-à-dire dans la banlieue sud de Lyon, l’association s’adresse à tous sans distinction d’âge, de genre, de catégorie socioprofessionnelle, etc, en français et au pluriel pour insister sur l’aspect participatif. Par exemple, dans l’atelier d’écriture intergénérationnel du mercredi, se côtoient des enfants et des adultes. Une fillette de CP n’écrira peut-être qu’un seul mot pendant que je remplis une page, mais sa « Coxinelle » sera, dans un sens, bien plus juste que mes propres élucubrations. C’est le côté magique (et féminin singulier comme Écriture Plurielle ?) de la créativité qu’on peut reconnaître facilement, juste en faisant attention à ce qui nous est proche.

  • Depuis quand le Salon de l’Auto-Edition existe-t-il ?

En 2016, première année de création d’Ecriture Plurielle, nous avions fait une journée intitulée Forum des auteurs avec 2 invités : Robert Viel (qui revient cette année) et Frédéric Lavachery, le fils d’Haroun Tazieff. La visite d’une trentaine de lecteurs nous a ravis ! En 2016, les chiffres ont été multipliés avec 30 invités et 150 visiteurs… et plein de bonnes idées !

  •  Comment vous est venue l’idée de l’organiser ?

A vrai dire, l’association Ecriture Plurielle est dédiée à l’écriture dans son ensemble : des lettres et des ateliers – pas que des livres. Cependant, au fil des discussions, nous nous sommes aperçus que pas mal de gens ont un livre dans leur tiroir, dans leur placard ou dans le cœur. Alors, pour se donner une chance de passer à la vitesse au-dessus, il nous fallait un événement plus festif que les conversations éparpillées du quotidien. D’où l’idée d’embrayer sur le thème de l’autoédition qui circule sur les réseaux.

  • Pourquoi est-il intéressant d’organiser un Salon de l’Auto-Edition ?

Cette organisation est très enthousiasmante : on entre en littérature dans un réseau différent et mouvant, qui cherche justement à se structurer. Les personnalités des auteurs sont inattendues et chaque projet d’écriture est surprenant d’originalité et de caractère. Quand on aime les chemins buissonniers, les alternatives, l’authenticité, c’est un plaisir d’accueillir cette liberté d’expression contemporaine -enfin, soyons modeste, un aperçu de cet immense continent encore à explorer.

  • Cherchez vous encore de l’aide pour l’organisation, et si oui de quel type ?A quelques semaines de l’ouverture, nous avons besoin d’aide pour tout ce qui est multimédia. De petites vidéos seraient bien appréciées par tous ceux qui ne peuvent pas nous rejoindre et qui nous suivent sur les réseaux. Ceci est un appel à l’aide car je suis plus douée en syntaxe qu’en capture audiovisuelle !
  • Quels seront les points forts du programme ?

Même si des prestataires prestigieux nous rejoignent : Kobo, BOD, Impression de LivreEcoute-Ecrit, cela n’occulte pas pour autant la participation exceptionnelle d’autres indépendants qui se mettent moins souvent en avant : L’IndéPanda, le journal Tout Va Bien, les poètes viennois en performance sur scène. Enfin, les tables rondes sont des moments privilégiés de discussions ouvertes : l’an dernier, les rencontres ont phosphoré entre des intervenants très engagés pour la liberté d’expression. Bref, il n’y a pas de hasards, que des rendez-vous !

  •  Quels types de visiteurs attendez-vous ?

L’affiche annonce : des auteurs, des lecteurs et des curieux – et pour ne rien vous cacher, je crois que les trois sont souvent réunis dans les mêmes personnes 😉

  •  Quels auteurs sera-t-il possible de rencontrer ?

30 auteurs sont présents sur des stands toute la journée et d’autres viennent au fil du programme. l’idée est que chaque visiteur rencontre l’auteur de ses rêves. En tous cas, tous les genres sont représentés, y compris l’autofiction, la romance, la science-fiction, le polar, la jeunesse, le théâtre ou des genres non identifiés comme dans les dialogues d‘Olivier Laucournet. L’histoire est aussi bien représentée avec la fantasy d‘Amélie Hanser et la Rome Antique d’Alexandre AllamancheMarjorie Levasseur nous rejoint également et je vais faire des mécontents si je ne cite pas tout le monde. Vous retrouverez le cru 2018 sur notre site !

  •  Si un auteur veut participer au Salon, cela lui est-il encore possible ? Comment doit-il faire ?

Comme il n’est pas possible de pousser les murs, les stands individuels sont complets. En revanche, nous proposerons des tables collectives pour les adhérents à l’association Ecriture Plurielle : en adhérant pour 15€/an, les auteurs y ont accès. Cela dit, cette journée sert de démarrage pour se connaître mieux et imaginer une meilleure formule inclusive pour l’an prochain. Pour tous les auteurs, n’hésitez pas à nous rejoindre sur les réseaux également, c’est le moment ou jamais 🙂

  •  Quelle est la place des blogueurs littéraires dans ce Salon ?

De mon point de vue, les bloggeurs littéraires représentent l’avenir de la littérature pour une raison très simple. Autrefois, les auteurs étaient moins nombreux que les lecteurs. Donc les critiques servaient à catégoriser éventuellement, sans plus. Désormais, avec les progrès technologiques, les auteurs semblent plus nombreux que les lecteurs. Alors, il faut un intermédiaire: les « Superlecteurs » que représentent les booktubeurs, entre autres Des Livres et moi et NuaLiv, et qui vont défricher les centaines de publications disponibles. Donc merci à vous, chroniqueurs littéraires, qui rendez abordable la littérature contemporaine.

  •  Comment se rendre au Salon en tant que visiteur ? L’entrée est-elle payante ?

L’entrée est gratuite pour les visiteurs. Pour cette journée inédite, le collège Pagnol de Pierre-Bénite met ses locaux à disposition : l’amphithéâtre, le hall, les salles de réunion, le préau, la cour et la pelouse. C’est un lieu de rêve pour une telle manifestation. Cela vaut la peine de parcourir les 7 kilomètres plein sud qui nous éloignent du centre de Lyon.

  • Si on ne peut pas se déplacer, y aura-t-il des retransmissions ?

Justement, je compte sur les compétences audiovisuelles des lecteurs de cet article. Sinon, nous avons prévu un minimum grâce à Chloé qui ne peut pourtant pas se démultiplier – mais ce sera un point à travailler pour la suite, en tous cas.

  • Prévoyez-vous de poursuivre ce Salon dans les années qui viennent ?

Comme la principale qualité des Indés est justement l’indépendance, je pense que le format est appelé à évoluer. j’ai déjà plusieurs idées en rayon : le SAE itinérant avec un camion en Tour de France ; une version numérique style Sommet de l’Indépendance ; un meeting qui ressemble aux Journées du Libre de l’Aldil... bref, vous l’avez compris, la prochaine édition se fera avec vous !

5 commentaires sur “Le Salon de l’Auto-édition, interview de Céline Bernard

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  1. Bonjour,
    Voilà un salon qui donne envie, un salon sans faux semblants, animé par une équipe de passionnés des mots. Céline Bernard fait partie des gens à qui je dois d’être arrivé où je suis. Elle m’a accompagné au début de mon parcours littéraire, avec une bienveillance et une générosité que je n’oublierai jamais.J’ai écrit sur elle un article de blog :
    http://www.guymorant.com/celine-bernard-ecrivain-les-autres/
    Même si l’éloignement géographique m’empêche de participer aujourd’hui à ses aventures littéraires, je les suis toujours avec beaucoup d’attention. S’il est un exemple du pouvoir d’un regard positif sur les auteurs, c’est bien celui de Céline. Je lui souhaite un succès grandissant pour ce salon qui sera sans aucun doute marqué par ses belles qualités.

    Aimé par 2 personnes

  2. Merci à vous, Guy !
    Pour rester dans cette ambiance, je voudrais rebondir. Nous nous sommes rencontrés à une période où j’explorais la qualité littéraire des textes – l’autoédition peut paraître assez libertaire de ce point de vue-là. Et le lecteur le plus exigeant qui soit – mon fils, a été captivé par « Lucie Acamas ». Il avait 11 ans, dans cette tranche d’âge indécise mais « Le Sachet de Bonbons » l’ayant fait tellement rire, il a naturellement embrayé dans un autre genre. les deux livres sont toujours dans sa chambre depuis, tout écornés à force d’être relus. Je peux dire que son idée d' »auteur » vient de cette période.
    C’est ainsi qu’il nous arrive d’évoquer le « style d’écriture » de tel ou tel auteur, ce qui est une chance. Vous avez donné l’impulsion.
    Dans mes projets de lectures, c’est sûr, votre ouvrage pour adultes, car une fois qu’on entre dans un univers aussi riche que le vôtre, difficile de résister à la poursuite de l’exploration. Effondrements est donc un incontournable pour moi, mais j’attends le plein été car au crépuscule, les polars me font trop peur et quand le style d’écriture est addictif, je me sens fatalement déchirée.
    En tous cas, je me sens fière de connaître des auteurs aussi engagés que vous, et en littérature et en idées !

    Aimé par 1 personne

    1. Savez-vous que j’ai failli plusieurs fois abandonner l’écriture ? Vous avez fait partie des rares personnes qui m’ont donné le courage de reprendre le joug, alors même que l’auto-édition me décevait. Effondrements n’est pas apparu tout seul, mais résulte d’un long cheminement dont vous avez fait partie. Quand j’écris, j’ai encore à l’esprit vos conseils et vos remarques (par exemple, je n’utilise quasiment aucun point d’exclamation). Et je ne parle pas du regard que vous avez porté sur mon travail, qui a eu un impact considérable sur l’image que je me faisais de mes productions.

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