Chronique en questions: Des gens irréprochables, Zoé Whitehall, éditions Eyrolles

Dès que j’ai vu la couverture de ce roman, ces « gens irréprochables » m’ont fortement intriguée et j’ai été ravie que les éditions Eyrolles me le proposent en service de presse. Je n’ai pas été déçue par cette découverte.

Est-ce que la couverture m’inspire ? Est-ce qu’elle correspond au livre ?

La famille Woodbury habite au bord d’un lac, et il est souvent question d’un ponton où Sadie la fille de la famille retrouve ses amis, va nager, etc…Donc cela correspond tout à fait. Symboliquement, le lac, cela peut aussi ce qui se cache au dessous des eaux que l’on pense tranquille, surtout avec ces arbres qui projettent des ombres sur l’eau

1 phrase pour décrire ce livre ?

Lorsqu’un professeur non seulement aimé et respecté mais aussi héroïque d’Avalon Hills, petite ville « sans histoires », est accusé d’abus sexuels, c’est toute sa famille qui est emportée dans la tourmente.

Dans quel univers le livre m’a t’il transportée ?

La famille Woodbury semble être une des plus parfaites d’Avalon Hills. Les parents de George Woodbury sont des bienfaiteurs de la communauté et lui ont légué une grande propriété et des richesses. Professeur passionné par son métier, il est aimé et respecté, et a même sauvé sa fille et son lycée d’un forcené dans un acte héroïque. C’est resté le héros de la communauté depuis. Il est attentif à sa famille, aimant avec sa femme et ses enfants, qu’il pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Mais très soudainement, il est arrêté car plusieurs jeunes filles mineures l’accusent d’abus sexuels lors d’une sortie scolaire. On va alors découvrir comment la suite des évènements va être vécue par chaque membre de la famille, dont la cohésion va partir en vrille. C’est très intéressant et original que l’auteur ait choisi cet angle, j’ai beaucoup aimé.

Est-ce que l’intrigue est prenante ?

Oui, notamment parce que l’on ne sait pas dans la majeure partie du livre si George Woodbury est un innocent victime d’un coup monté ou coupable de ce dont on l’accuse. Le lecteur est donc mis dans la peau des personnages du livre qui se font chacun leurs idées, parfois en se débarrassant de leurs préjugés, parfois en s’y enfonçant. Et l’auteur va nous donner des éléments en faveur de chaque théorie, avant la révélation décisive.

Est-elle compliquée à comprendre ?

Non, pas du tout, les éléments s’ajoutent peu à peu pour nous révéler la vérité et ce qu’il va advenir des personnages.

Est-ce que je me suis identifiée aux personnages ? Sont-ils attachants ?

Les personnages de la famille de George Woodbury sont très attachants, l’auteur nous mène à comprendre leur réaction et à avoir de la compassion y compris dans leurs mauvais choix. Leur innocence à eux est posée dès le début, aucun n’a jamais mis en doute que leur père ou mari était quelqu’un de bien, et cette fois, le doute va tous les ronger. La personnalité de George Woodbury est posée dès le début comme une énigme, ce qu’il fait que l’on ne s’y attache pas vraiment, on essaye plutôt de comprendre ce qu’il s’est vraiment passé, à travers les autres personnages. Ensuite dans l’entourage des Woodbury, certains vont se révéler bienveillants et d’autres des profiteurs sans scrupules. Je me suis identifiée non pas dans la situation, heureusement, mais disons qu’une famille qui doit réagir en cas de crise inattendue, cela me parle beaucoup.

Ai-je été surprise ?

Oui, par la fin du roman, que j’ai trouvée glaçante. Pour le reste du roman, cela n’a pas été une surprise mais des découvertes (un peu comme quand vous suivez l’évolution de personnages dans une série).

Est-ce que c’est la suite d’un auteur que j’ai déjà aimé lire ?

Non, c’est la première fois que je lis Zoé Whitehall, mais c’est sûr que j’aimerais lire d’autres de ses ouvrages. Il s’agit d’une autrice canadienne qui a été traduite en français.

Est-ce que ce livre m’a aidée à grandir ?

Oui, les coupables d’abus sexuels me révoltent à juste titre profondément, mais je n’avais jamais pensé à ce que vivait leur famille et ce livre ne peut que susciter la compassion pour des personnes qui se retrouvent être en quelque sorte « des dommages collatéraux ». Ceci dit, le roman est dans un contexte américain, je pense qu’en Europe, il y aurait des similitudes et des différences.

Quelles émotions ai-je ressenti ? Est-ce que j’ai passé un bon moment ?

C’est encore un roman qui fait vivre pleins d’émotions, et certaines poussent à se confronter à soi-même et à ses réactions, donc c’est parfois volontairement dérangeant. De la compassion, de l’écoeurement, de la révolte…Certains personnages vont se reconstruire, d’autres non, et cela ne sera pas forcément ceux que l’on croit….Et la fin du roman est aussi une accusation, mais pas sous la forme à laquelle on s’attend.

A qui est-ce que ce livre peut plaire ?

Ce n’est pas un thriller, mais il plaira je pense quand même aux amateurs de thrillers psychologiques, à ceux qui aiment les histoires humaines pleines de complexité, ceux qui sont intéressés par les romans qui contiennent une critique sociale.

Est-ce que le style d’écriture m’a plu ?

Oui, tout à fait, l’auteur nous amène peu à peu vers la profondeur des personnages.

Lire quelques lignes ? Un extrait ? Passages marquants ?

Joan est l’épouse du professeur accusé, George Woodbury et Benny un de ses avocats (le 2e étant son propre fils Andrew).

« Collaborez avec la police et laissez-la faire son travail, c’est ce que vous pouvez faire de mieux en ce moment.Nous allons arrranger tout ça. »

Elle regarda les policiers transporter à leur fourgonette tout ce qu’ils jugeaient important et laisser tomber le reste un peu partout, comme des cambrioleurs dans une bande dessinée. Elle cligna des yeux pour se ressaisir.

« Voulez-vous verser une caution ? »

« Bien sûr »

Si l’être aimé est pris au piège, vous faites tout en votre pouvoir pour le libérer. ça ne prêtait pas à discussion.

« C’est une erreur, dit-elle »

Bennie n’acquiesça pas, il se contenta de l’observer fixement, avant de baisser les yeux sur son portable.

(P35)

Est-ce que j’ai aimé un peu, beaucoup, ….

Beaucoup

Crédit photo: Sylvain Bettinelli

Photo prise au château de Chillon, Suisse

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